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© grand manitou
Ca vous à plu, ça vous a pas
plu... ;-) un ptit mot me ferait plaisir....
Signalez les bourdes merci
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L'Afrique .... un cas Bénin
Du 8 au 22 avril 2002 j'ai eu la chance de participer à
une mission humanitaire au Bénin.
Le but de ces 15 jours était l'électrification du centre de santé de
Sagon. Ce centre est géré par Terre des Hommes et c'est donc en
collaboration avec cette organisation que s'est déroulée la mission.
Les partenaires de l'aventure étaient, pour les sociétés :
Studer Innotec, société connue dans le monde entier pour ses onduleurs
de qualité imbattable, pour la partie solaire (SST)
Energie Sion Région, pour la partie câblage (ESR)
Haute Ecole Valaisanne, pour la coordination (HEVs)
Terre des Hommes, pour la logistique (TDH)
L'équipe de choc envoyée sur le terrain: un mélange de l'Agence
Labricole, de l'Agence tout-risque, des douze salopards et
d'extra-terrestres se composait comme suit :
Alain Germanier
Didier Vuissoz
Nicolas Zuchuat
Samuel Carroz
Wimbo Dominik Balunga
Les pages suivantes racontent d'une manière fortement résumée,
l'expédition. Les images sont tirées de mes prises de vues ainsi que de
celles de Didier. Les textes sont extraits du très exclusivement
personnel carnet de voyage.
 
Voyage vers SAGON
C'est donc le lundi 8 avril vers 5 heures du matin que
nous prenons le train qui nous conduira à Genève. Puis l'avion pour
Paris et enfin Cotonou où nous atterrissons vers 20 heures.
De l'ambiance fraîche à 5°C du quai de la gare aux quelques 30° du
tarmac humide de Cotonou, le contraste est pour le moins désagréable.
Pris en charge par le délégué de TDH dès notre entrée dans l'aérogare,
les contrôles douaniers furent réduits à de simples "bonsoir"
accompagnés de larges sourires. A peine une heure pour récupérer nos
valises et en route pour la délégation.
Les voyages forment la jeunesse et déforment les souliers, disait un
comique, mais la fatigue est proportionnelle à sa durée.
Juste le temps de prendre le repas du soir avec le délégué et sa femme
et tous au lit, euh chacun dans le sien..
Mardi 9 avril 2002
Nous voici fin prêts à partir pour l'intérieur des terres. Mais c'est
sans compter sur l'organisation africaine.... Nous commençons donc par
une séance plus que théorique. Il est déjà largement midi lorsque nous
embarquons à bord de la jeep qui nous emmène à Sagon. Nous avons déjà
une demi-journée de retard sur le planning.

C'est tout d'abord une heure de route sur une asphalte irréprochable qui
nous conduit à Bohicon. Ce qui est frappant aux abords de Cotonou, c'est
le nombre de motos. Des milliers de motos. Il est intéressant de voir
que sur une moto on peut non seulement mettre facilement quatre
personnes mais aussi par exemple une quantité de matériel qui ferait
pâlir de jalousie le coffre de bien des voitures, voire de certains
breaks...

A Bohicon, une petite visite de courtoisie à la délégation, le temps de
charger les oeufs et la volaille vivante qui nous servira de repas. Nous
repartons. C'est alors que tout bascule. La route devient piste, la
végétation devient hostile et nous engouffre. Bientôt, ici, une route
sera construite... . Secoués, malmenés, nous arrivons une heure plus
tard à Covè. Voilà on s'y croirait mais non, la piste se resserre, les
nids de poule se creusent, la civilisation moderne disparaît
définitivement de notre horizon.

Marécages d'un coté, baobabs, termitières et hautes herbes impénétrables
de l'autre se disputent un horizon de plus en plus proche. Après une
troisième heure passée à osciller entre le siège et le plafond de la
jeep, nous voici enfin arrivés....
Le premier contact
Une cabine téléphonique d'un vert douteux signale l'endroit. L'hôpital,
construit en dur avec un toit de tôles, semble plutôt luxueux pour la
région. Le centre de santé est en fait constitué d'une dizaine de
bâtiments et d'une dizaine de paillotes. Aux alentours, le village est
construit de la même manière selon la fortune des habitants.
 
C'est le médecin qui, après le "welcome drink" constitué exclusivement
d'eau potable nous souhaite la bienvenue, entouré du personnel soignant
présent au grand complet. Chacun se présente et nous prenons possession
du "Loft".
Très chic, moustiquaires aux fenêtres et aux portes, il se compose de
trois chambres doubles, d'un séjour ainsi que d'une "salle de bain"
super-équipée pour la région. Les lits sont très confortables ce qui
n'est pas négligeable étant donné la nature de notre travail.
Nous commençons immédiatement la visite du propriétaire. Première
surprise, le plan dont nous disposions n'est pas à l'échelle et les
longueurs de câbles à tirer seront sensiblement plus longues: aurons
nous assez de câble?. Les tubes enterrés semblent bien posés et les
marques des fouilles sont encore bien visibles ce qui facilitera la
dépose en cas d'obstruction.
Nous passons à l'inventaire du matériel acheminé quelques mois plus tôt
par cargo depuis l'Europe. Par chance aucun panneau solaire n'est
endommagé. Le matériel a été transporté correctement et les autres
pièces sensibles sont également intactes.
Bien sur il manque quelques positions à l'inventaire comme le matériel
de fixation des panneaux mais dans l'ensemble le constat est plutôt bon.
Le toit de la "tour" où nous allons poser les panneaux solaires se
présente presque comme je l'imaginais: Pas un centimètre carré à
l'horizontal. Pour le premier soir, nous nous contentons de libérer le
toit des anciennes structures métalliques. C'est Samuel (prononcer
Samouel) qui s'attaque aux structures avec un de ses outils favoris : la
meule. Victime de son enthousiasme, il est le premier à faire la triste
expérience de la tri-thérapie qui nous accompagnera tout au long du
séjour à savoir : Soleil, Chaleur, Humidité. Il ne lui en faut donc pas
plus pour que le sol se mette à tourner rapidement autour de lui.... .
Nous devrons donc adapter notre rythme de travail en fonction des
conditions climatiques ce qui ne nous mettra pas en avance.

Sagon est à moins de 1000 Km de l'équateur. La durée du jour varie donc
très peu en fonction des saisons. Le mois d'avril marque le début de la
saison des pluies. Le soleil se lève vers 7h15 et se couche vers 19h. A
peine dix minutes plus tard, il fait nuit. Le coucher du soleil annonce
l'arrivée des moustiques, vecteurs de la Malaria. Passé cette heure,
plus question de sortir sans manches longues et protection
anti-moustiques. Nous nous réfugions donc derrière le grillage du "Loft"
pour savourer un succulent repas préparé par Moïse notre cuisinier.
Il faut quand même dire que Moïse est un expert. Chaque jour, à chaque
repas, il nous a surpris. De la "pâte" à la volaille, en passant même
par une choucroute, ses repas nous remontaient le moral. Il nous aurait
amené une fondue, nous n'aurions pas été surpris.

Le soir, malgré notre paranoïa du paludisme, nous sortons. Invités par
Prosper le "concierge" du centre, nous découvrons les spécialités
locales. Le sodabi, abrégé SDB pour plus de facilité lorsque l'on arrive
plus à prononcer, est de l'alcool de palme. Aucun doute, aucun microbe
ne peut se développer là dedans... Chez Prosper, il y a aussi Gabriel,
son voisin. Un adjudant de la gendarmerie à la retraite. Il nous
explique à grands renforts d'arguments plus saugrenus les uns que les
autres la nécessité de poser une enseigne lumineuse sur la rue pour que
les gens qui passent la nuit puissent bien repérer le centre de santé.
Il doit bien avoir dix personnes par mois qui passent la nuit sur cet
axe de grand passage. On est décidément bien loin du Gotthard. Bien sur,
l'enseigne en question éclairerait sa terrasse qui est justement en face
de l'entrée du centre. Mais c'est bien sur en aucun cas cet argument qui
motive ses allégations.
C'est une bien agréable veillée que nous passons. A la fin de la soirée,
vers minuit, Gabriel m'entraîne à part, puis chez lui prétextant de
nouvelles raisons de poser "son" enseigne. Il me fait déguster un ultime
SDB, réservé aux hôtes de marque et profite en passant de réveiller sa
fille pour me la présenter, juste au cas où je chercherais une seconde
épouse. Prosper, lui en a bien 4 et demie. Pour compter le nombre de
femmes, c'est simple. Si elle vit sous le même toit que l'homme, elle
compte pour un; et si elle vit sous un autre toit, elle compte pour
moitié.... évident non ?
C'est vers une heure du matin que nous allons nous coucher. Sans plus
aucune sensation de soif....

Première journée de travail
Mercredi 10 avril 2002
Journée noire. Au programme, 32 trous de 23mm de diamètre pour y sceller
au ciment autant de tiges filetées qui serviront à fixer les structures
des panneaux si on trouve le matériel manquant à l'inventaire.

Au Bénin, le fer est moins cher que le béton... Chaque tentative de
perçage se heurte immanquablement à un fer. Force est de constater que
le système de fixation prévu est inadapté. Erreur de conception ou
erreur de concepteur, l'histoire ne le dit pas. Nous allons de surprise
en surprise. La dalle a une épaisseur qui varie entre 3 et plus de 20
cm. Elle devait en faire 10... et donc nos mèches sont trop courtes. En
y regardant de plus prêt, on constate que la dalle est constituée
d'environ un tiers de fer, un tiers de béton et un tiers... de papier.
Le tout habilement réparti bien entendu. Je résume : 4 litres de
Possotomè plus tard (une sorte d'Henniez sans gaz) 11 des 32 trous sont
perçés, presque au bon endroit; pas fiers. Inutile d'ajouter au ridicule
que nous étions 3 pour ce travail.Mais circonstances atténuantes, il
fait largement plus de 30 degrés et le taux d'humidité se situe entre 90
et 100%. Nous envisageons sérieusement de changer de méthode pour le
lendemain.
Il faut percer la dalle sous la citerne pour passer les descentes de
câbles des générateurs solaires. Ce doit être le seul bâtiment à trois
niveaux à cent kilomètres à la ronde. C'est donc avec fierté que dans la
région on l'appelle la " tour ". Ce qui donne au rez, le logement de la
sage-femme, à l'étage le local technique, au second la citerne, et au
dessus, bientôt, les panneaux. C'est donc en essayant de percer la dalle
de la citerne, qu'après quatre essais infructueux que Wimbo laisse
coincer la mèche entre deux fers. Résultat : un mandrin bousillé, une
mèche à dégager à la pointe et massette. C'est donc notre premier outil
cassé.
Peu de temps après, sans doute par solidarité, le ventilateur de la
meule part en miettes. C'est donc avec la meule de secours que nous
continuons. Personne lors du choix des outils en Suisse n'aurait pensé
utiliser la meule de secours… . Au maximum 7 minutes plus tard, c'est la
deuxième meule qui rendait l'âme, interrupteur brûlé. Déprime puis
(cou)rage, il reste la scie à métaux et au moins 25 lames... Voilà les
moments forts de la première journée. Heureusement, Claire-Lyse qui a
son anniversaire parvient à me joindre par téléphone, un miracle,
d'entendre des voix familières, ça remonte le moral.
 
Et c'est dans le Rhum local que nous noyons notre dépit.
Après un délicieux couscous, on parle de tout et de rien. Didier, qui a
pris en main l'équipe locale en a de bien bonnes à nous raconter. Son
groupe de choc, composé de quatre "électriciens" du cru a des méthodes
peu pratiquées en Europe. Par exemple les serre-fils sont inutiles en
Afrique : on dénude, on torsade les torons puis on fixe le tout avec un
petit morceau de scotch. Une autre ? Pour le câblage, chacun a son
propre code de couleurs pour les fils. La phase passe donc du brun au
bleu en passant par le jaune-vert, rouge, blanc, ou noir en fonction...
du Noir. Toutes les couleurs disponibles y passent. Quand ce n'est pas
un bâtiment complet qui est câblé avec une couleur unique. Qu'importe,
son travail avance bien, tous les câbles entre les bâtiments sont tirés
et demain il va poser les câbles du tableau et les coffrets
d'introduction. A ce rythme, il aura terminé la partie câblage à la fin
de la semaine.
La soirée se poursuit avec la visite d'Emmanuel, le médecin chef du
centre. On parle d'abord sérieusement puis autour d'un jeu de cartes,
l'atmosphère se détend et on rigole franchement.

C'est vers une heure du matin que prend fin cette sympathique soirée
Montée des premiers panneaux
Jeudi 11 avril 2002
6h45 il fait déjà chaud, l'Exopic12 censé éloigner les moustiques
pendant 12 heures a de la peine à tenir la route : j'ai des piqûres de
moustiques aux chevilles. Ma peau irritée par le soleil supporte mal ce
produit à base d'alcool. En plus mon estomac a grand peine à supporter
les vapeurs du Baygon censé exterminer tout ce qui rampe… un kilo de
Rennies et il n'y paraîtra plus. Bon assez de se plaindre, une douche et
au boulot. Didier lui n'a pas le temps d'une douche, les ouvriers de l'
" étincelle " (nom véridique de la société qui emploie nos 4
sympathiques électriciens) viennent le chercher pour recevoir les
directives. Il est 7h30. Bien décidé à récupérer cette foutue mèche
coincée, c'est à la pointe et massette que je m'attaque à la dalle
pendant que Wimbo cherche ses lentilles de contact. Alain, Wimbo et
Samuel s'attaquent aux trous restant sur le toit. Samuel arbore
fièrement un T-shirt de Titoeuf sur lequel est inscrit " je fais ce que
je veux " ce pull lui va si bien…
Tout va mieux. Vers 11 heures, la dalle est percée et les trous sur le
toit avancent bien.
Le tableau électrique est posé mais il ne me reste plus qu'à faire
tourner le support des onduleurs que j'ai fait poser à l'envers. Lors du
démontage de celui-ci, nous constatons que les vis sont à peine engagées
dans les tampons, heureusement que les onduleurs n'y ont pas été
accrochés ! Tout serait tombé par terre.
Après un succulent repas, Didier repart à ses boîtes, Wimbo et moi sur
le toit, et les deux autres se mettent à plat pour une petite sieste.
 
Les vis de fixation des onduleurs devaient se trouver avec les boulons
des panneaux mais elles sont introuvables. Sagon n'est pas Sion, pas de
quincaillerie à moins de deux heures de route et encore. Et c'est en
démontant l'ancien panneau électrique que je trouve de quoi fixer
l'appareillage. Vers 17h30, les batteries, un chargeur et un onduleur
sont en place. (le tiers de l'installation). C'est peu mais incomparable
comme avance par rapport à mercredi.
Il faudrait commencer à hisser les panneaux sur le toit. Pour profiter
de la fraîcheur du soir, je propose de monter 3 cadres composés chacun
de 6 panneaux. Le premier est monté rapidement avec la méthode
tais-toi-et-tire. Après le deuxième cadre, il faudrait stopper car la
nuit tombe, mais c'est sans compter sur l'enthousiasme des électriciens
qui semblent apprécier de nous voir transpirer. Il faut dire que
l'ensemble pèse plus de 100kg et que la manœuvre n'est pas aisée. Devant
le fait accompli, nous finissons par dérouler les cordes et hisser le
troisième cadre. La nuit tombe dans une ambiance survoltée. Même le
succulent morceau de viande accompagné de frittes ne suffit pas à calmer
l'atmosphère.
 
Je ne sais si c'est la chaleur, la réaction aux anti-moustiques ou le
stress mais mon estomac se bloque et refuse de laisser passer
l'entrecôte. Mal couché, mal debout, mal assis, bref malade. Je teste
donc l'efficacité de ma trousse de secours. La médecine moderne est
magnifique et en deux heures me voilà d'attaque. Je pars donc à la
recherche de la maison de la pharmacienne chez qui les autres sont
allés.
Départ au beau milieu de la nuit, plein sud. Rassuré par le faisceau de
ma lampe frontale, j'avance d'un bon pas au milieu des chauve-souris et
des bruits des grillons et des cigales. Après quelques centaines de
mètres, je me sens tout à coup bien seul, perdu sur la planète, au fond
à gauche. Je décide donc de rentrer pendant que je reconnais mon chemin,
pas décidé à être le crétin de blanc qui appelle au secours pour
demander son chemin au milieu de la nuit. J'éteins ma torche dans un
ultime espoir d'entendre des rires qui pourraient encore me guider vers
mes coéquipiers. Aucune trace sonore, moins encore d'odeur, ils doivent
être bien loin… Je m'en retourne.

Je suis à peine arrivé que le médecin me rejoint. Présent depuis moins
de deux ans, il me dit son découragement à soigner des gens qui ne font
aucun effort. Particulièrement au sujet des maladies comme la malaria où
la prévention de base est simple et peu onéreuse. Sa femme est
Ukrainienne et il a un fils de dix ans qu'il n'a pas revu depuis quatre
ans. Elle étudie pour devenir pharmacienne et il lui reste deux ans
d'études. Lui veut se spécialiser pour devenir chirurgien. Une chose est
sure, il ne restera plus longtemps à Sagon. On peut pas lui donner tort,
c'est vraiment un coin perdu.
A leur retour, Alain et Samuel sont convaincus qu'il faut rajouter un
système " antivol " aux panneaux, persuadés que l'ancienne installation
a été volée. Nous verrons ça demain en attendant, au lit, il est tard.
Mise en service
Vendredi 12 avril 2002
Didier avance comme une locomotive, il commence la mutation vers le
nouveau circuit de chaque bâtiment. Il attend impatiemment que les
onduleurs soient mis en service. Il passe tout de même une grande partie
de sa journée à contrôler et corriger les erreurs des Etincelles.
Alain et Samuel se retrouvent sur le toit pour mettre leur plan à
exécution. Les voici donc occupés pour la journée. Quant à moi, mon
programme est simple : la matinée sera consacrée au câblage des
onduleurs et des chargeurs puis l'après midi pour la mise en service.
 
Je m'enlise comme un débutant avec le câblage des batteries et je finis
par manquer de cosses pour les onduleurs, bravo. Simon me remonte le
moral, une visite viendra cet après midi de Bohicon et il amènera des
cosses. Malheureusement, ce sont des cosses de batteries qui arrivent au
lieu de cosses à câble. Système D (avec d comme dAfrique) et ça y est
c'est fini. J'ai pas envie de vous montrer la photo, pire qu'un
apprenti.
Dans l'ensemble aujourd'hui tout va bien. Wimbo n'a cassé qu'une lame de
scie à métaux et la scie sauteuse.
C'est bon, Didier a branché la génératrice, je vais pouvoir alimenter
les 3 chargeurs (3 Compacts 3548). Uniquement deux sont raccordés en
chargeurs.
Les ennuis commencent. Le chargeur refuse catégoriquement de se
synchroniser sur la génératrice. Les causes peuvent être multiples…
Plusieurs tentatives sur la charge de la génératrice sont tentées sans
aucun succès. Il reste l'hypothèse de la fréquence incorrecte.
Bien sûr pas moyen de la mesurer. Je finis par vérifier la tension
d'entrée. J'en crois pas mes yeux. La génératrice fourni 350 Volts au
lieu de 230.
Tout s'éclaire : les meules qui claquent, la luminosité douteuse des
lampes, le régime de la perceuse et de la scie sauteuse… Dire que l'on
avait mis la faute sur un problème d'humidité durant le transport.
Un petit réglage sur le régime de la génératrice et voilà enfin les
chargeurs qui se synchronisent. Avec 40 ampères de charge, les batteries
déchargées se redressent lentement.
 
Le réseau du centre de santé est maintenant commuté sur notre superbe
installation. La consommation électrique est affolante : plus de 1500
Watts en pleine journée. Avec un tel niveau de consommation,
l'installation n'a aucune chance de fonctionner. Nous commençons la
chasse aux lampes et la consommation est réduite de moitié. Il faut
toutefois la diminuer encore de moitié pour que l'ensemble soit viable.
Pour cette nuit, la génératrice tournera et on avisera demain.
Nous passons donc à table pour le repas du soir. Moïse est décidément
incroyable. Il nous a préparé une choucroute garnie. Accompagnée comme
il se doit par une bonne Flag (une des deux sortes de bière que l'on
trouve sur place). Nous sortons ensuite boire un ( !) verre chez notre
ami Prosper dit " la vie de l'homme c'est trop dur ". Là nous
rencontrons une troupe de théâtre composée de jeunes délinquants
Français et Béninois. Cette troupe sillonne le pays pour sensibiliser
les habitants aux divers problèmes locaux comme la scolarisation, le
paludisme et autres maladies. Rendez-vous est pris pour leur
représentation du lendemain.
 
Encore quelques Flags et nous changeons d'abreuvoir pour compléter notre
hydratation.
Minuit approche et il est temps de couper la génératrice qui cale
d'ailleurs, faute de carburant. Le centre est maintenant sur batteries.
Didier reprend la chasse aux ampoules inutilement enclenchées aidé de
Simon. La méthode est simple : si dans une pièce, les gens dorment avec
la lumière allumée, tout le monde est réveillé sans ménagement, Simon
leur fait éteindre la lumière et nous repartons.
C'est alors que je me rends compte que le plus dur reste à faire :
éduquer les utilisateurs.
A chaque jours suffit sa peine, il est temps de se coucher. Wimbo est le
plus rapide. D'ailleurs il ronfle et même fort. Peut-être dérangera-t-il
moins si il dort dans le couloir. Aussitôt dit… mais le lit ne passe pas
la porte. Bonne nuit.
100% fonctionnel
Samedi 13 avril 2002
Si tout va bien, à midi tous les cadres de panneaux seront posés. Il le
faut d'ailleurs, nous allons au théâtre ce soir et nous avons décidé de
ne pas travailler après midi. C'est le premier jour où le ciel est
couvert dès le matin. Vers dix heures, la moitié des cadres sont posés.
Je prévois une journée calme. Mais le ciel en a décidé autrement. En
moins de dix minutes, la luminosité baisse de manière incroyable et les
premières gouttes se mettent à tomber. Il fait presque nuit. Une douche
impressionnante bloque maintenant les travaux. Nous restons donc
inactifs jusque vers midi. Une fois l'orage passé, nous constatons que
deux fusibles d'introduction ont fondu. Ca sent le court-circuit et
Didier se remet au travail.

Etant donné le retard que nous avons pris et la qualité de la piste
après cet orage, nous décidons de ne pas prendre le risque d'aller au
théâtre.
L'après-midi est donc consacrée à la pose du reste des panneaux. Il
pleut encore par intermittence et durant ces moments-là, certains
profitent pour faire la sieste pendant que d'autres jouent à un jeu de
carte intellectuel (tas de M). Vers le soir, tous les panneaux sont
posés et raccordés, l'installation est mise en service à 100%. A part le
signal " batterie basse " des chargeurs, tout semble fonctionner
correctement. Nous chargeons un peu les batteries avec la génératrice
pour assurer une nuit sans coupure.

Encore un passage orageux. Après un orage, ce qui frappe, c'est le
silence. Plus aucune bestiole n'émet un son pendant plusieurs minutes.
Puis, une d'entre elle, plus téméraire que les autres peut-être se
décide à recommencer son chant, bientôt imitée par les autres. Pourtant
cette fois, on entend quelque chose. Presque imperceptible. Un léger
bruissement bientôt rattrapé par des milliers, des millions de termites.
La première pluie agit sur elles comme un signal et c'est l'envol. En
quelques secondes, le grillage qui nous sépare en est crépi. Elles
cherchent toutes un abri, une fissure, une cavité où elles pourront
donner naissance à une colonie. Le sol est recouvert des premières qui
perdent leurs ailes, ce qui leur arrive après environ 15 à 20 minutes de
vol quand elles ne se les arrachent pas elles-mêmes, ayant estimé être
arrivées dans un lieu propice. Les lézards ainsi que les chauve-souris
sont à la fête, y compris dans la salle d'accouchement ce qui ne semble
pas gêner ni la sage-femme ni sa cliente du moment… . Je dois avouer que
de voir ces milliers d'insectes s'engouffrer sous notre bâtiment, dans
toutes les pièces malgré le grillage me donne des frissons.
Heureusement, elles sont pacifiques et nous n'avons rien à craindre
d'elles. Mais ça va mieux en le sachant.
 

Après le repas personne ne sort. Nous sommes tous fatigués. Vers 22
heures, tout le monde est au lit ! Je coupe l'alimentation des groupes 2
et 3 qui sont les infirmiers, le médecin, les cuisines et les paillotes,
bref tout sauf le dispensaire et la maternité.
Dimanche, jour de repos
Dimanche 14 avril 2002
Dimanche, jours de repos, la première préoccupation au saut du lit est
de vérifier le fonctionnement de l'installation. A part la consommation
trop importante, tout semble fonctionner correctement. Il est 9 heures
du matin, le ciel est clair et en aucun cas des lumières devraient être
allumées. Il y a pourtant une consommation de 1000 Watts. Je coupe donc
l'alimentation de tout les bâtiments pour permettre le chargement des
batteries. Après un copieux petit déjeuner pris pour la première fois
sans le stress du travail, nous envisageons notre journée. Avec Alain,
Didier et Wimbo, nous entreprenons une visite vers le fleuve. Je
traverse pour la première fois le village en plein jour. Nous sommes
définitivement l'attraction de l'année. Les enfants accourent vers nous
et les adultes discutent ferme, visiblement à notre sujet. Nous
atteignons enfin le fleuve. Comme nous sommes en début de période des
pluies, son niveau est encore assez bas et le pont qui le traverse est
encore praticable. Durant la haute saison des pluies, il sera recouvert
de 6 à 8 mètre d'eau ! La région est très plate, le débit est donc très
lent et pour les baigneurs, aucun risque de se faire emporter.


Le fleuve est un pole d'intérêt : on vient s'y laver, laver son linge, y
faire boire les bêtes. Ils utilisent également l'eau de celui-ci pour
façonner des " briques " en terre qui serviront à construire les
maisons. Quelques enfants pratiquent la pêche à l'aide d'un simple bâton
au bout duquel est fixé une ficelle avec pour tout hameçon, un morceau
d'aiguille ou de fer planté dans un nœud à son extrémité. Ce qui me
frappe ce jour là, c'est le nombre d'enfants visiblement malades. Nous
traversons le pont et nous enfonçons dans la brousse. Le chemin est
bordé de champs de maïs, manioc, arachides et autres cultures de base.
Nous faisons ainsi un bout de chemin dans un décor bien agréable. La
température est elle bien moins plaisante et après quelques dizaines de
minutes de marche, nous rebroussons chemin. Une halte s'impose chez la
pharmacienne pour savourer tranquillement la première Flag de la
journée, après tout, il est proche de 11 heures et c'est l'heure de
l'apéro.
On ne tarde pas à venir nous chercher. La pompe du puit ne fonctionne
plus et il n'y a plus d'eau dans la citerne. Didier est aux abois, on
avait dit dimanche pas de travail. Après quelques minutes de recherche,
notre fin limier constate que si la pompe n'est pas alimentée, c'est
qu'une Etincelle a coupé le câble d'alimentation à ras d'un mur et sous
la terre. Voilà qui va nous le mettre de bonne humeur pour le reste de
la journée. Le temps d'un dépannage provisoire et la pompe tourne de
plus belle. Il sera toujours temps lundi de faire une épissure propre
quand la pompe sera au repos.
Après un succulent repas et une bonne sieste, j'entreprends ma lessive.
Il faut avouer qu'avec l'humidité, la chaleur et la poussière, les
habits sont dans un triste état. Il y en a d'ailleurs qui au lieu de se
moquer feraient bien de faire pareil. Retour chez " la vie de l'homme "
pour une nouvelle Flag tiède cette fois. Nous rencontrons à nouveau les
Français qui se préparent à leur départ pour Cotonou. Leur tournée est
pratiquement terminée. Ils profitent pour nous inviter à la soirée
qu'ils vont faire chez la pharmacienne. Au programme, musique,
light-show, et ambiance. Bref une grande première à Sagon.
Le repas du soir est aussi excellent que celui de midi et comme de
coutume nous le faisons suivre par une bonne Flag prise chez la
pharmacienne. Nous sommes tellement relax que j'oublie d'alimenter les
bâtiments à la tombée de la nuit. Bien sûr on se charge de me le
rappeler rapidement.
 
Nous partons maintenant visiter le marché de nuit. Avec nos lampes
frontales nous sommes définitivement classés dans la catégorie
extra-terrestre. Le marché est très animé. Sur chaque étal une petite
bougie pour voir la marchandise. On y trouve de tout. De l'alimentaire
(ce qui ne veut pas forcément dire comestible) aux médicaments en
passant par les décoctions miraculeuses, les gris-gris, les outils, les
objets de culte, les décorations et j'en passe. Je profite pour acheter
des bougies, la mienne est morte lors de l'écriture des événements de la
veille. Décidément nos ancêtres qui écrivaient à la bougie avaient bien
du courage.
Il y a beaucoup de marchands mais nous avons quand même rapidement fait
le tour. Nous mettons le cap vers le pied à terre des Frouzes qui
préparent la soirée. Lorsque nous arrivons, ils sont occupés à charger
la jeep qui transportera la sono et tout le matériel pour la fête. Nous
discutons quelques instants de leurs moyens techniques, en particulier
de leur source d'énergie. Il semble qu'un onduleur leur serait fort
utile…. mais franchement je n'ai vraiment pas l'énergie pour faire de la
promotion commerciale ce soir. Nous les devançons donc chez la
pharmacienne où nous prenons quelques Flags d'avance en attendant qu'ils
arrivent.
Un peu plus tard nous pouvons observer leur technique bien rodée. En
quelques minutes, la sono est branchée, le mât et les projecteurs sont
montés, tout l'ensemble est raccordé sur la génératrice du lieu et la
fête peut commencer. Les hauts-parleurs crachent quelques notes puis la
génératrice cale. J'ai bien envie de leur dire qu'on s'en fout des spots
et qu'en en débranchant quelques uns peut-être que la génératrice
tiendrait le coup. Mais je m'abstiens, ils ont l'habitude et ça finira
bien par marcher. Alain me pousse du coude et me dit " tu crois pas
qu'en enlevant quelques spot ça marcherait mieux ? ", je ne peux que
sourire. Après quatre coupures successives et autant de réglages de la
génératrice, tout semble fonctionner à merveille. Son et lumières. Nous
passons une soirée géniale. Tout le village est rassemblé à l'extérieur
des murs pour voir ce qui se passe ici. La porte d'entrée a été
verrouillée, visiblement nous sommes dans une soirée privée… .A la fin
de la soirée, le technicien coupe la lumière et le son puis vient boire
un coup de SDB avec nous. Franchement cet alcool ne devrait être pris
que sur ordonnance… . Après quelques minutes, quelqu'un attire notre
attention : " c'est normal que ça brûle là bas ? ". La génératrice
poussée au maximum puis délestée a certainement une tension de sortie
encore plus haute que la nôtre. Le stabilisateur de tension à l'entrée
du système audio n'a visiblement pas fonctionné et c'est maintenant les
enceintes actives qui brûlent. La fête est définitivement terminée et
gâchée. Nous démontons rapidement le matériel. Samuel se charge avec
peine du démontage des lumières pendant que les autres s'occupent de la
sono. Le tout est rechargé précipitamment sur la jeep et nos amis
disparaissent. Je ne sais pas si c'est la fumée dégagée par l'incendie
ou la lumière de nos torches mais nous sommes assaillis par une nuée
d'insectes noctambules, y compris des moustiques et d'autres jusqu'à des
tailles impressionnantes. Retour au loft pour un dernier verre puis au
lit, demain le travail reprend.
Le bout du tunnel
Lundi 15 avril 2002
Pour le petit déjeuner, pain sec et café, le pain frais habituel n'est
pas arrivé. Le but de notre journée est tout d'abord le changement d'un
maximum d'ampoules à incandescence contre des ampoules économiques. Le
réglage des chargeurs n'est pas encore terminé et il reste à boucher les
trous de descente de câble des panneaux. Nous commençons à imaginer que
le projet pourra être bouclé dans les temps. Après la fête de la veille,
tout le monde est encore un peu fatigué et l'ambiance de travail s'en
trouve fortement dégradée. Voilà une bien douce phrase pour expliquer la
situation. La matinée se passe malgré tout dans le calme, à changer une
ampoule après l'autre. Après le repas de midi, certains font la sieste
pendant que les inquiets se remettent au travail. Un peu plus tard, vers
15h, nous sommes occupés à changer les ampoules de la maison du médecin.
Il fait particulièrement lourd. A ce moment là, en quelques minutes, il
fait pratiquement nuit. Un vent incroyable se met à souffler. Nous
lâchons nos outils : pas question de rester coincés par un orage chez le
médecin, on sera bien mieux dans le Loft à s'engueuler. Sur la tour, les
panneaux sont posés…. mais pas fixés. Alain et moi battons certainement
le record régional du 100m pour monter sur la tour poser les quelques
écrous qu'il nous reste pour assurer les panneaux. A voir la tête des
gens que nous croisons, je pense qu'ils ne devaient même pas savoir
qu'un homme est capable de courir. Il se met à pleuvoir comme seul
là-bas il sait pleuvoir mais pas question d'abandonner le toit tant que
tout les cadres ne sont pas assurés par au moins deux points de
fixation. Nous rentrons trempés et boueux mais c'est toujours mieux que
de devoir courir après des panneaux volants. Nous voilà donc bloqués
pour deux heures de pluie tropicale.
 
 
Cette fois c'est certain, les structures des panneaux tout comme les
fixations de celles-ci ont été mal conçues.A bien écouter certains de
mes collègues, on peut rajouter à la liste des incompétances
préparatoires, le choix d'une grande partie des outils, du matériel de
fixation en général, des fournitures, des types de câbles même, voire de
l'équipement électrique. C'est à ce moment que je pense que c'est plutôt
dans le choix de l'équipe qu'il y a eu un problème de conception. Une
fois passé l'orage, il pleut encore pendant une heure mais par
intermittence. Je profite de l'occasion pour fuir le loft et parler avec
les infirmiers. La semaine précédente n'avait pas été propice aux
discussions, étant donné le nombre d'heures passées à travailler.

Le début de la saison des pluies marque aussi le début de la saison où
le centre de santé est le plus sollicité. En effet à cette période, les
moustiques porteurs de la maladie sont beaucoup plus nombreux et
beaucoup plus actifs. Le centre accueille beaucoup d'enfants en bas âge
atteint de la malaria. Ici, les gens attendent le dernier moment avant
de conduire un enfant à l'hôpital. S'il est malade, c'est soit la
fatalité soit une sorcière et il faut le guérir avec des incantations ou
des préparations à base de plantes. C'est souvent trop tard lorsqu'un
enfant arrive à l'hôpital et comme il y meurt, les gens ont encore moins
confiance en la médecine. Une personne atteinte de malaria à un stade
avancé n'est pas agréable à voir, elle est sujette à une terrible
fièvre, des sueurs froides et des spasmes cycliques. Si elle n'est pas
soignée à temps, c'est lamort. Et c'est encore plus dur à soutenir
lorsque c'est un enfant.
La journée a certainement été la moins pénible des quelques jours que
nous venons de passer à Sagon mais la semaine précédente fut si pénible
que j'ai l'impression que la fatigue rattrape tout le monde.
Dies Irae
Mardi 16 avril 2002
Nous finissons enfin de changer ces douilles et ces ampoules. Plus d'une
centaine ont été changées ou ajoutées en deux jours.
Le reste de la journée sera consacré à l'éducation du personnel soignant
à l'utilisation rationnelle de l'électricité. Une rencontre est
organisée dans l'après-midi en présence de l'équipe et du personnel au
grand complet. Je passe donc la matinée entre le réglage des chargeurs
qui refusent toujours de fonctionner en parallèle et à la composition
d'un texte le plus percutant possible pour essayer de secouer un peu nos
amis africains.
 
La première partie de mon propos se borne à expliquer le fonctionnement
de la centrale solaire que nous venons d'installer. Malgré la
vulgarisation de l'explication poussée à l'extrême de mon imagination,
tout ça semble passer bien au dessus d'une partie de l'assemblée.
La seconde partie est consacrée aux quelques règles simples (pour nous)
qui feront de cette installation une installation fonctionnelle pour
longtemps :
1) si je sors : j'éteins
2) si je dors : j'éteins
3) les tubes luminescents ne sont utilisés que pour les soins
4) il n'y a pas de lumière dans une chambre où il n'y a pas d'activité
5) les lumières extérieures sont éteintes après 22 heures.
La troisième partie doit servir à responsabiliser le personnel soignant.
Une seule personne peut détruire le confort de tous. Chacun est
responsable d'appliquer les règles d'usage. L'utilisation de parallèles
avec la médecine ou avec l'eau potable semble capter l'attention des
plus réticents et le message a l'air de passer pas trop mal.
Nous allons d'ailleurs utiliser les jours qui nous restent à éduquer le
personnel, par des rondes nocturnes répétées et insistantes.
La fin de la séance est marquée par le discours final et moralisateur du
médecin. Nous passons ensuite à la visite de l'installation où tout le
monde est invité. La salle technique connaît un bon taux de visite mais
le toit est réservé uniquement à quelques intrépides qui s'y risquent
timidement. Une fois là haut, ils admirent plus le paysage que
l'installation. Il faut dire que c'est certainement la première fois
qu'ils voient aussi loin.
Une petite heure est ensuite consacrée à la formation de Charlemagne,
Mathias et Alain qui seront chargés de la maintenance sur place. La
formation se résume à l'entretien des batteries et à la commutation de
l'alimentation de la maternité sur les différents onduleurs en cas de
panne.
Il reste quelques bricoles techniques à terminer mais nous les réservons
pour le lendemain.
La journée se poursuit par une promenade au bord du lac. Wimbo veut
absolument acheter du poisson. La pêche n'est malheureusement pas encore
ouverte et les pauvres pêcheurs présents à ce moment-là relâchent leurs
prises en nous confondant avec des contrôleurs de l'état. Il est près de
19h et le soleil couchant fait ressortir la cime des arbres dans une
luminosité émouvante mais il faut rentrer, les moustiques ne vont pas
tarder.
 
La partie technique du projet touchant à sa fin, je commence à
m'inquiéter du sort réservé au matériel médical offert par l'hôpital de
Sion. En effet, si le matériel technique est bien arrivé à Sagon, aucun
des 21 cartons de petit matériel médical n'a suivi. Nous avions signifié
au délégué que le matériel lourd (tables d'opération) pouvait être
acheminé ailleurs mais que le reste devait venir à Sagon.

Wimbo est donc au téléphone avec Alfonso pour élucider la question. Ses
explications sont pour le moins nébuleuses. Il finit par me le passer
par dépit. Je n'en crois pas mes oreilles, le délégué déclare qu'il n'y
a pas d'hôpital à Sagon. Pourtant selon le rapport annuel de TDH, Sagon
est le seul centre de santé géré par la délégation Bénin et Togo. Il
affirme préférer renvoyer le matériel en Suisse plutôt que de
l'acheminer à Sagon. C'est la goutte d'eau qui met le feu aux poudres et
je pète carrément les plombs pour employer un langage poli. J'ai promis
à l'hôpital de Sion de remettre le matériel en mains propres et je ferai
le maximum pour tenir ma promesse. Je lui rappelle donc le contrat signé
par le chef du projet et son chef où TDH s'engage à assurer la
logistique. Je profite pour lui rappeler également que ce n'est pas un
projet TDH mais un projet de la ville de Sion, ville dont il ignore
jusqu'à l'existence et le menace d'ameuter la presse en Suisse en lui
faisant comprendre que TDH n'a déjà pas bonne presse et qu'il a tout
intérêt à collaborer. Je l'entends prendre son souffle pour répondre
mais coupe court en lui disant que la nuit porte conseil et je
raccroche.
Nous sommes tous stupéfiés par ces propos et passons le reste de la
soirée dans une colère noire à imaginer des scénarios dignes de 007 pour
expliquer cette attitude.
Joies et peines
Mercredi 17 avril 2002
Le réveil devient tardif, on sent la fin des travaux. Le sermon de la
veille a été efficace, nous sommes passé de 10 kilowatt-heure pour la
nuit et la journée de hier à moins d'un demi kilowatt-heure pour cette
nuit. En fait, personne n'a osé allumer de lumière !
 
Wimbo fusille la carte téléphonique avec laquelle nous comptions appeler
en Suisse pour obtenir un soutien pour l'acheminement du matériel
médical. Là-bas on ne semble pas s'inquiéter du sort des émigrés car ne
nous voyant pas appeler malgré le rendez-vous pris, personne ne songe à
nous rappeler sur le poste téléphonique de l'hôpital.
Une conversation avec le délégué ajoute au trouble. Visiblement, il
essaye de gagner du temps car il nous sait sur le retour et une fois
rentré à Cotonou il sait qu'il fera ce qu'il veut du matériel.
Mais revenons à notre tâche principale et finissons en avec elle. Pour
aujourd'hui, il nous reste à poser la mise à terre des panneaux et tout
sera terminé…
Il est 11 heures, ça y est, je déclare les travaux officiellement
terminés et comme il n'y a pas de champagne…. on fête ça à la Flag.
Nous attendons Guy, le disciple du délégué qui doit venir s'informer de
l'entretien et du fonctionnement de l'installation. Il arrive en début
d'après midi avec deux jours de retard sur le programme. Il est
accompagné d'une femme qui est médecin mais dont la nouvelle fonction
est de s'occuper des problèmes techniques de TDH sur le terrain. Je vois
mal comment une personne sans aucune qualification technique et qui ne
daigne même pas venir voir le local technique pourra se charger d'un
problème le jour où il surviendra. Après une magnifique entrée en
matière de Wimbo, je passe à la description technique du projet en
omettant intentionnellement les détails qui n'intéressent visiblement
pas mes auditeurs. S'en suit la visite avec Guy qui semble bien
comprendre le fonctionnement. A peine une heure plus tard, nos visites
décident de nous quitter car il n'est pas question pour eux de dormir
sur place dans des conditions aussi précaires. Il faut dire que nous
occupons tous les lits du palace. Malheureusement, le véhicule qui les
avaient conduits à Sagon est maintenant occupé au transfert d'un enfant
dans un état critique vers Bohicon. Les voilà bloqués au moins deux
heures ce qui va tripler la durée de leur présence sur place.
 
Le véhicule revient vers 17 heures avec une bien triste nouvelle.
L'enfant n'a pas survécu au transfert. Le pick-up embarque donc Guy et
sa collègue ainsi que Simon et Wimbo pour Cotonou. Deux d'entre eux
feront d'ailleurs le trajet sur le pont. Avec la poussière et le vent
ils arriveront dans un triste état. Wimbo et Simon ont la ferme
intention de revenir avec le maximum de matériel et une explication de
ces " tracasseries " administratives. Nous passons le reste de la
journée à ranger le chantier. Nous distribuons également quelques outils
à des personnes nous ayant aidés lors de notre séjour. La soirée est
consacrée à l'étude approfondie de la composition de la Flag et à
l'élaboration de scénarios quant à la suite des évènements. Une chose
est sure, nous sommes décidés à faire acheminer ce matériel médical vers
Sagon.
 
Le retour des héros
Jeudi 18 avril 2002
Nous attendons fébrilement durant toute la matinée l'appel de Wimbo en
tuant le temps. Le téléphone sonne enfin. Le matériel est bien présent à
Cotonou et ils ont trouvé un véhicule qui leur permettra de ramener une
petite partie de celui-ci. Nous voilà un peu soulagés en apprenant ces
nouvelles. C'est donc un peu plus calmement que nous finissons de ranger
le chantier et profitons pour offrir un service de table complet à notre
cuisinier fétiche. Je n'ose pas imaginer comment se serait déroulé le
séjour si nous n'avions pas aussi bien mangé à chaque repas. Wimbo
téléphone à nouveau : ils sont en route et ne tarderont pas à arriver.
Lorsque le véhicule arrive, je ne peux cacher ma déception : sur les 21
cartons et la multitude de matériel annexe, seulement 8 ont pu être
chargés dans la jeep avec la balance et une infanette. Les
sphygmomanomètres à mercure ont été cassés durant le transport. Je
commence à douter sérieusement que le reste sera acheminé sur place.
Mais nous ne sommes pas au bout de nos désillusions. Nous déballons sous
l'œil autoritaire de Simon notre architecte un à un les cartons. Dans
les lots de matériel offert par l'hôpital de Sion, se trouvent des
seringues et des compresses dont la date limite d'utilisation est
dépassée. Dans certains lots, la date est dépassée de moins de 3 mois.
Qu'à cela ne tienne, la marge d'intelligence concédée aux employés de
TDH est nulle, d'ailleurs, la délégation fonctionne comme une dictature.
Tout doit être détruit. Imaginez du matériel médical, confié en toute
connaissance de cause par un médecin, réceptionné par un médecin qui
plus est assumerait volontiers la responsabilité de l'usage de ce
matériel. Non, un employé du bâtiment appose son veto. Pas pour des
médicaments mais pour du matériel stérile parfaitement emballé et
transporté. Trop c'est trop. Après avoir vu mourir des enfants faute de
matériel et de soins, après avoir subi les réticences injustifiées de ce
personnage obscur, après s'être rendu compte de l'indifférence suisse,
cet épisode dépasse l'entendement. C'est la cerise sur le gâteau ou
plutôt devrais-je dire la mouche sur la merde. Je veux rentrer.
Retrouver ma famille. Revoir mes amis. Me réveiller de ce cauchemar.
Total recall.
 
Je m'éloigne du centre avec le jeune Landry Dansi, le fils de Prosper
qui m'entraîne à travers les hautes herbes pour me montrer son champ de
maïs. Il m'initie à la plantation de cette céréale. Cette petite
escapade m'aide à remettre mes idées en place. Au diable les parasites,
je suis venu pour aider les gens de Sagon et le résultat est plutôt
bien, Dieu s'occupera du reste.
  
Pour le souper, Moïse nous a préparé un excellent poisson qui achève de
me remonter le moral.
Dans la soirée, nous continuons la distribution des outils, en
particulier au premier fils de Prosper qui est mécano et à qui nous
confions la caisse à outils de réserve, l'originale restera bien entendu
sur place pour la maintenance de l'installation. Au milieu des éclairs
et du tonnerre, une infirmière vient nous chercher pour nous témoigner
sa reconnaissance d'avoir aussi amené du matériel médical. En effet, un
petit Samuel vient de naître. Elle nous le présente sur la table pour
bébé que nous venons de déballer.
 
Nous pouvons enfin passer une soirée agréable avec la satisfaction du
sentiment d'avoir été malgré tout utiles et de manière concrète. Un
accouchement avec la lumière et un peu de matériel adapté.
Départ de Sagon
Vendredi 19 avril 2002
Cette nuit là j'ai dormi comme une masse et je n'ai même pas entendu
l'animatrice qui est venue vers 5 heures du matin pour nous annoncer la
naissance de jumeaux. Comme pour confirmer que la deuxième infanette qui
est restée à Cotonou serait utile ici.
Dur de se lever... nous passons une matinée agréable sans même faire
attention à notre oeuvre. Après tout, Mathias, Alain et Charlemagne
n'ont qu'à s'en occuper. Si tout va bien, ils seront tranquilles mais en
cas de panne, je vois mal comment ils trouveront les ressources
nécessaires au dépannage.
Le médecin déclare qu'il a décidé de quitter Sagon dans les deux
prochains mois. Est-ce le dynamisme de notre équipe qui le motive ?
L'avenir nous le dira.
Je fais une dernière visite à la pédiatrie. C'est là que le médecin me
montre les deux jumeaux ! le plus grand pèse 1,1kg alors que le plus
petit fait à peine 900g. Incroyable. Il dit que les deux enfants sont en
bonne santé et qu'il rentrent chez eux accompagnés de toute la famille
qui est sur place depuis 10 jours.
 
Nous continuons notre distribution. Je me sépare de tous mes habits sauf
du nécessaire pour rentrer. Nous offrons également le reste du matériel
qui ne servira plus pour l'installation. La cuisinière du centre semble
particulièrement apprécier la lime qui lui permettra d'affûter ses
couteaux...
A mon départ de suisse, Yann m'avait confié une de ses petites voitures
en me recommandant bien de la donner à un enfant qui n'a pas de jouets.
C'est assez difficile ici étant donné qu'aucun enfant n'a de jouets. Je
l'offre à un petit pensionnaire de la pédiatrie atteint du paludisme.
Difficile de décrire sa joie pour ce petit objet presque insignifiant
pour un marmot de chez nous. Je distribue également le solde de ma
réserve de bonbons qui fait la joie des enfants du dispensaire.

Vers midi, tout le personnel est à nouveau présent pour nous dire
au-revoir. Cette "séance" d'abord solennelle puis virant rapidement à la
fête est très émouvante. Chacun a l'occasion de l'exprimer et c'est avec
plaisir que chacun le fait. La séance est close avec une tournée
générale de cola et de Flag avant de faire place à des chants et des
danses où toute l'équipe est entraînée.
Voilà il nous reste à manger avant le départ. Moïse nous épate une
dernière fois avant de nous quitter très ému; tout comme nous. Nous
chargeons ensuite rapidement les deux véhicules qui vont nous ramener à
Cotonou. Il s'agit de ne pas traîner, l'orage menace et nous n'avons
aucune idée de l'état de la piste. Un dernier regard à Sagon et nous
partons.
 
Voilà, je pourrais m'arrêter ici, finalement le reste n'est que détails.
Mais je vais continuer le récit après tout peut-être que quelqu'un lira
jusqu'à la fin.
Nous voilà donc sur la piste. Malgré les pluies de ces derniers jours,
il me semble qu'elle est encore en bon état. Bien sûr nous ne touchons
le siège que par intermittence mais qu'à cela ne tienne, l'important est
de rejoindre Bohicon avant la nuit. Après une courte visite à la
délégation nous repartons pour Cotonou.
C'est vers 19 heures que nous y arrivons. La circulation est
incroyablement dense. Nous avançons à la vitesse du pas et il nous faut
plus d'une heure avant d'arriver à la délégation. Comme accueil on a
déjà vu mieux. Nous avons passé pratiquement deux semaines à travailler
comme des forçats pour une organisation dont le responsable sur place
n'a pas seulement trouvé inutile de nous rendre visite mais ne daigne
même pas sortir de son bureau pour nous souhaiter là bienvenue.
Wimbo discute du programme du lendemain. Il obtient en insistant que
toute l'équipe participe à la séance finale du lendemain prévue
initialement pour le staff de TDH et notre responsable de mission. Nous
partons donc pour le repas du soir en petit comité avec le chauffeur qui
nous rejoint en fin de soirée pour une nouvelle étude poussée des bières
locales.
Visite touristique
Samedi 20 avril 2002
Avant dernier jour, le réveil sonne à 8h30. Nous attendons la marmotte à
poils longs du groupe pour enfin partir prendre notre petit déjeuner.
Comme chaque matin à Cotonou, un excellent jus d'orange pressé frais
avec d'excellentes tartines sur des baguettes croustillantes. Le tout
accompagné d'un café presque buvable. Vers 10 heures 30, nous commençons
notre séance.
 
Comme d'accoutumée, Wimbo introduit le sujet avant de passer la parole
au responsable technique pour un long monologue de plus de 45 minutes.
La partie technique est largement détaillée mais aucun P.V, aucune note
n'est prise par les participants. Je sens le délégué aux abois lorsque
j'aborde le sujet du matériel médical. Je commence par lui expliquer
notre effarement au sujet de l'épisode des seringues périmées. Là
encore, le délégué s'abrite derrière de soi-disant consignes strictes.
Nous abordons maintenant le sujet du matériel resté à Cotonou qui
devrait être acheminé à Sagon. Alfonso est d'accord pour que le petit
matériel soit acheminé à Sagon mais insiste pour que le reste puisse
être distribué dans d'autres centres, pas forcément dirigés par TDH mais
avec lesquels ils collaborent. Je suis d'accord du moment que je sois
informé de la destination de chaque composant (TDH inventorie chaque
épingle), y compris du matériel qui sera détruit. Le délégué est
d'accord, nous recevrons une liste de distribution. Au moment où ces
lignes sont écrites, (plus de deux mois plus tard) aucune liste ne m'est
parvenue et je doute qu'elle ne me parvienne jamais. Le matériel quant à
lui a certainement déjà trouvé preneur…. ou acheteur. C'est pas tout ça
mais de causer ça donne faim. Nous partons donc pour l'hôtel du Lac ou
nous dégustons une sublime langouste. L'après midi, nous partons dans
une petite embarcation à moteur pour visiter la ville lacustre de Ganvié.
Une magnifique bourgade sur pilotis ou habitent presque 20000 habitants.
Comme je suis un excellent photographe, je ne me suis pas aperçu que
j'avais mal engagé le dernier film. Donc pas de photos de Ganvié. Mais
pour vous exclusivement voici l'adresse du site de l'ambassade du bénin
où vous pourrez voir quelques photos.
A notre retour, nous avons encore le temps de visiter le grand marché de
Cotonou. Impressionnant. Une entassée incroyable d'aliments, de
matériel, de textiles, bref de tout sur des hauteurs jusqu'à 6m ! Wimbo
profite pour acheter quelques boubous.

Retour à la maison de passage pour une douche bienvenue. Pour le souper
nous traversons simplement la route pour nous engouffrer dans le premier
restaurant. Super, un billard, après l'apéro et quelques parties, nous
passons à table pour un succulent repas. Pour terminer, nous prenons
encore un verre sur la place qui est encore une fois juste en face.
Après la mise à niveau de mon taux d'hydratation, je pars me coucher
alors que Alain et Samuel disparaissent pour une fin de soirée trouble
dont on ne connaîtra vraisemblablement jamais les détails…
Retour en Suisse
Dimanche 21 avril 2002
... Journée à attendre. Comme de coutume nous débutons par le copieux
petit déjeuner maintenant devenu traditionnel. Puis nous nous rendons à
l'aéroport pour faire enregistrer nos bagages. Les contrôles douaniers
s'effacent à la vue de notre ordre de mission TDH. Après plus d'une
heure d'attente, nous voici enfin en face de l'hôtesse qui va
enregistrer nos bagages. C'est assez simple. Plusieurs guichets, une
seule imprimante pour les étiquettes de bagage et bien sûr plus de
papier au moment où nous arrivons. Quelques dizaines de minutes plus
tard, tout rentre dans l'ordre. Une personne entre les données. Une
autre personne prend l'étiquette. Encore une autre la colle. Une
suivante prend les bagages et les pose sur la bande transporteuse. Rien
à dire au sujet du partage des tâches… Quant à l'efficacité… mais on ne
peut pas tout avoir. Donc pour résumer la matinée si l'on néglige
l'épisode de la marmotte du matin : déjeuner, aéroport, dîner. Il faut
avouer que cela simplifie les problèmes d'organisation. Nous voilà donc
attablés sans grande faim à l'hôtel du Lac pour un nouveau repas.
 
Dans l'après-midi nous visitons le marché artisanal. Une multitude de
petites échoppes réparties chacune dans un petit local d'environ 6
mètres carrés. On y trouve un peu de tout. Des masques traditionnels,
des bronzes, des sculptures en ébène, des bijoux, des chaises
africaines, des djambés bref tout ce qui peut intéresser un touriste sur
le retour. Il faut passer dans chaque boutique pour ne pas vexer les
vendeurs. Nous sommes litéralement harcelés jusqu'au moment où un
vendeur reproche à Samuel qu'il est ici et qu'il ne fait rien pour le
Bénin… c'est vrai nous avons installé une centrale qui vaut à peine
soixante million de francs CFA se permet-il de lui expliquer.
Bon c'est pas tout mais il faut rentrer si l'on ne veut pas manquer
l'avion. Le temps d'une douche et nous voilà invités par le délégué à
partager notre dernier repas sur sol Africain dans un restaurant
Libanais. Excellent, nous sommes dans la salle climatisée où il doit
bien faire 12 à 15 degrés et le buffet se trouve à l'extérieur à environ
30 degrés. Chaque passage nous offre un ticket pour un bon rhume.. Le
menu est fameux : une multitude de salades ainsi que des préparations de
légumes à l'huile en passant par des plats à base de yaourt. Pour la
suite, c'est brochettes de viande ou de poisson ou divers abats comme du
cœur, rognons , foie, cervelle… Excellent je vous dis. Bien sûr le tout
accompagné d'un rouge Français aussi bon que son équipe de foot lors du
mondial de 2002… Juste le temps de prendre un tout petit dessert,
d'entendre à la télé que le Pen sera aux deuxième tours des élections
présidentielles et il nous faut partir pour l'aéroport. Un rapide
au-revoir au délégué et à sa femme et nous voilà à nouveau dans la file
d'attente pour l'enregistrement. Comme d'habitude, une fois arrivé au
contrôle, le mot magique TDH nous ouvre les portes. Nous passons ainsi
successivement six contrôles douaniers !!! Quelle sécurité. ! Une bonne
heure plus tard nous finissons par monter dans l'avion qui prendra son
envol vers 23 heures pour le chemin inverse qu'à l'aller.
Nicolas
Le 16 juin 2002, jour de mes 32 ans ! eh oui on se fait vieux.

© juin 2002 Nicolas Zuchuat
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